Présentation

Images Aléatoires

Quelques chiffres

Au 1er mai 2008

 

9617 visiteurs

28217 pages vues

 

Vous avez peut-être atterri ici en cherchant :

 

pierre peuchmaurd, benjamin duval, la cuisson des haricots, remplir ce qui est vide, tite-live, alain jégou, hôtel à pont-aven, poésie à rochefort sur loire, vider ce qui est plein, roger lahu, christ vert, nain jaune, etc, etc.. 

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Recherche sur tremalo.com

Vendredi 28 mars 2008

19.VIII.07, Cleut Rouz.

Le nul de Liverpool-Chelsea plombe nos pronostics. Dernière veillée avant la seconde chimio. On vise là également le match nul : Q. résiste aux assauts du buteur fertile.

Ses cellules, fidèles supportrices comme hooligans de la surrénale doivent tomber un à un. Eric Cantona est convoqué dans la perfusion, il n’y a pas de grilles autour du système nerveux. Globule rouge : expulsion.

J’ai enfin réussi à terminer le poème sur les ruines de Rustéphan, cette vieille dame encore visitée par quelques rares et timides amants. Ils lui chahutent le meneau rare, la marque de son lit : Melancolia. Son ventre appelle au secours mais le monde est désormais jeune en permanence et se cogne à ses péages.

L’oignon se la coule douce près des lardons. On écrasera le féculent pour favoriser la déglutition des derniers évènements.


20.VIII.07, Bar St Louis, Brest.

Je lis l’envoi de Guy G., un texte autour de son tableau Ouverture de la cour d’amour, œuvre elle-même inspirée par le Nouveau monde amoureux de Charles Fourier. Guy G. peint un moulin à café qui percole de l’étoile. La torréfaction lui est choc d’astres et pains de sucre.

Les prétendants au sentiment amoureux sont légions, tétins en rade, formes molles, future anesthésie de la volonté.

Deleuze pensait le désir dans ses trous. Là, sur la toile, aucun sexe dans la gorge, on est avant l’acte, on n’est pas encore composé. L’homme supporte son énorme tête de champignon, la femme-moustique se colle aux ampoules.

La prochaine livraison de Trémalo prend forme : y prennent place les organes géographiques de T.V., quelques notes  d’hôtel de LFD, maintenant la cour : éclaircies soutenues, petits poids accrochés aux nuages du barbu de St Louis.

Blanc comme le sang du poète (Marie Myriam).

Monter à l’hôtel Morvan, cinq étoiles, comme autant de poudres dans la cartouche.
par Trémalo publié dans : Le Journal d'un haricot communauté : Poésie française
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Vendredi 7 mars 2008

14.VIII.07, Abbaye de l’Île Chauvet.

Un cigogneau blanc claquète au dessus de la salle commune. L’infidélité légendaire de l’oiseau sonne étrangement aux parois sacrées où l’amour éternel est chanté chaque mâtine depuis juin 1354. Les ruines saintes s’éventent sur un ciel sale, de la même couleur que leurs pierres.

Le poulet de Challans sponsorise le spectacle pyrotechnique qui s’y déroule cet été. Toute cette bondieuserie c’est donc de la volaille à pas cher. Faire de savoureuses rencontres avec la mayonnaise bénédictine.

Tout près, un lieu : Le fief de la solitude, puis Vert vert.

Le logo du Conseil Général de la Vendée représente un cœur dans lequel est planté une croix on dirait une tumeur entre des valves. Je perds du sang sur le chemin du retour qui me verra attraper le vol 205 rouge.

 

 

 

 

 

 

 

15.VIII.07, Bac à sable de la F.

Le flan d’acrylique monté hier après-midi n’est pas encore prêt. Mais le résultat est d’ores et déjà catastrophique : la tête de cheval qui surnage du magma d’apocalypse m’inquiète moi-même : je l’identifie à égale distance de la nullité du trait et de la fatuité de la volonté qui lui a fermé la bouche.

Il aurait fallu le peindre les dents en avant, la poitrine offerte, prêt à mordre –le contraire donc de l’image sympathique que l’ami du cheval se fait généralement.

Les équidés de la bataille d’Anghiari, eux, peints par Vinci, paraissent incrédules à la vue du sang qui verse des cavaliers, ils esquissent même une sorte de danse naseaux dans les encolures, enlacés.

Le mien de cheval n’est pas près de sécher : le mobil-home est tout en eau-de-vie.

 

 

16.VIII.07, Passage du Gois, Noirmoutier.

 

Noir monastère, mer dégrisée par son retrait.

On peut passer sa vie à lire les exploits des autres. Ce matin, je me contente de me souvenir des grâces de la palourde découvertes dans le livre de Marc.

En deux heures j’ai du en pêcher une trentaine d’une taille acceptable. Certaines déjà me tirent la langue avant que je ne m’en saisisse.

Yves, mon initiateur pour cette activité du jour, me dit que le bestiau sonne aux dents de son râteau. La gamme serait complète si le crustacé avait la bonne idée de sauter à mon cou dès que je le plonge sous l’ombre de mes griffes.

Je suis un piètre pêcheur, Gois plein de grâce automobile. On se dispute la place de parking ; à marée basse la mer inquiète toujours le conducteur : le bas de la caisse a touché, la fuite d’huile est inéluctable.

Ô races multiples des palourdes, que votre règne arrive, avec le beurre persillé.


Benjamin Duval



le journal dans son entier ici



par Trémalo publié dans : Le Journal d'un haricot communauté : Poésie française
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mardi 26 février 2008

10.VIII.07, Morvan, terrasse du Relais H.

Nuit blanche cassée. Pour Q. quelques minutes de rêve insérées dans sa première chimiothérapie. Allongé dans le lit, ses pieds ne trouvaient pas leur place –deux flèches errant sans cible : il évalue maintenant la gravité de sa maladie.

J’ai lu hier soir une statistique qui donne aux semblables de Q. entre 25 et 45 % de chances de guérison. Gais rizomes levés du recoupement des chiffres.

Les maternités défilent la fleur au ventre entre deux rangées de visiteurs enlacés dans leur attente de voir leur hospitalisé. Je n’ai plus beaucoup de poésie dans le catétère, je sonne à intervalles réguliers. Appuyer sur l’infirmière la fait rougir instantanément, puis elle clignote.

 

 

11.VII.07, St Gervais, bocage vendéen.

Les pauvres ont accédé au mobil-home. Il n’y a qu’eux pour coloniser ainsi des pans entiers de nature vierge, à s’y presser et se débattre dans la miniature de leur fourmilière. Car comme chacun sait, le pauvre est une race en déclin. Le mobil-home est leur manoir secondaire.

Ça gueule autour de trois boules, ça grille sa viande au gaz portable, ça creuse pour le trou de la parabole Discovery. En direct les lunes ouvrières sur gazon frais.

Le bal est une confirmation : ses seins, sur la piste improvisée française, font oublier la nourrice surdéveloppée, la neige sourde, le frêle espoir, même ses enfants sont tristes.

Si le pays ne fait plus d’enfants libres, tout s’effondre. Puis j’ai longuement pissé dans la lavande de nuit, c’est un bonheur.

Pas lu Jacques, il est tard ; je suis à la ramasse, un peu sur son quai.

 

  

12.VIII.07, Bar de la F., Vendée.

Un demi défensif après le match. Demolition man flippe comme un malade à côté. Fin de la première chimio.

Parfois Q. s’enfonce dans sa tumeur, la peur y étant alors chevillée. Il oscille entre impuissance et soumission. Cependant la révolte n’est jamais loin qui ne sait contre qui ou quoi s’exercer.

Oui contre moi Q. peut arguer de ce droit inaliénable à la rébellion : ne pouvant arracher sa douleur je veux bien qu’il s’attaque à la mienne. Mais alors d’un coup sec.

Tuer un cygne est sacrilège (Parsifal).



le journal d'un haricot dans l'entier de sa publication: sur trémalo
par Trémalo publié dans : Le Journal d'un haricot communauté : Poésie française
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mercredi 13 février 2008

le journal d’un haricot

 

 

 

 

 

 

3.VIII.07, Rue de Siam, Brest.

Départ au bloc. Q.1er biopsie. L’opératrice me court après, dans deux heures elle ne pensera à rien d’autre que l’extraction patiente des deux centimètres cubes de mort vivante à analyser plus tard. M’assure-t-elle.

Passé Recouvrance, son pont, je lis Cormoran de Marc et je vois moi aussi l’entonnoir ouvert sur le/ciel se délecter de son prélèvement d’une plie, dans le port de guerre que les bâtiments illustres ont déserté aujourd’hui.

En face Jeux Jouets Modèles, plus décalé tumeur.

Il est par ailleurs question au St Louis de taxer le soleil lorsqu’il sera permanent.

 

 

4.VIII.07, Jardin du HB.

Le porte-avion est revenu se caler dans la rade. Hier soir, jusque tard, nous avons rêvé le village, reconstruit Rustéphan, dézingué le très racé Glenmor, eut pitié d’Arthur.

G. est beau par la révolte du haut de ses balais intacts, P. par son poil d’une mesure farouche, C. est Cléopâtre des Ajoncs d’Or.

Bidurig est en route. Trois mois que je ne l’ai touché.

Il ne faut pas se prendre au sérieux m’a glissé hier l’opératrice des agonies adolescentes.

Bidurig est en route, Gérard Alle fugue toujours sur les plateaux de l’Atlas, le paysan breton lui doit remettre en culture ses jachères. Il n’y a plus de maïs pour tout le monde. Il n’y a plus de saints non plus, les oiseaux sont libres.

Ma haine pour toutes sortes de commerces va croissante, j’ai la lune en pieds devant, à l’ombre du saule.

 

 

 

 

 

9.VIII.07, Morvan, Bat. 5, Ch. 406.

On danse ici une valse à mille temps avec dans les bras des haricots de métal ou de carton. On sonde l’oxygène rare, entonne des courses de vélos à petites roues dans les couloirs, bat des records d’ascension des cols de la douleur.

Jérusalem signifie en hébreu une hauteur mais aujourd’hui, à deux pas de la chambre 406, ce mot symbolise juste l’érection souhaitée et surtout utile au recueil de la semence du fils derrière la porte. Si ça marche, je veux bien des années durant souffler sur n’importe quel môme des crèches du monde chrétien.

Selon Eckhart, homme vient de humor (humidité) et désigne ainsi celui sur qui ruisselle la grâce. Benabar également est cet homme englué dans les spasmes tartinés des lueurs de la pose. Oui, commander une pizza pour consoler sa copine de ne point voir ses petits amis c’est l’acte fondateur d’une nouvelle humidité profonde. Crôa dans l’étant.

J’ai réussi à l’aimer, l’Eckhart et non pas le cirque Benabar, le temps d’une valse hésitation.

par Trémalo publié dans : Le Journal d'un haricot
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mercredi 13 février 2008
Duval a bien voulu nous confier les premiers paragraphes de son Journal d'un haricot. D'aucuns disent que le haricot a de l'estomac. C'est sûrement vrai dans les articles qui suivent dans cette catégorie d'articles consacrés à cet auteur.
par Trémalo publié dans : Le Journal d'un haricot communauté : Poésie française
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
mettre des photos en ligne sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus