Le village perdu
Une sente rocailleuse
empreinte millénaire de pas justes
éreintés de sueur et de labeur
une sente épineuse et silencieuse
oubliée des hommes disparus
dans les bruissements et les turbulences
des cités voraces
fil des temps séculaires
les a menés
au village désolé
les a guidés
jusqu’aux maisons battues
par les pluies rogues et les vents bourrus
Elle leur a ouvert
les portes déhanchées
à l’heure crépusculaire
où
les âmes errantes à jamais
se retrouvent
furtives pudiques sibyllines
à l’heure de la brune
où
le carillon voisé des cloches
les rires égrillards des enfants
les appels mâles des hommes
les chants séraphiques des femmes
caressent
muets et secrets
les pierres sèches de vie
Pourquoi
Endormi
Sur l’asphalte froid
Le pauvre hère
Ne peut plus porter
Le fardeau de sa vie
Il livre
Au passant imperméable
La ruine maudite
De la misère éreintée
Marie-Laure Vallée
ET SANS CIEL
Juste une voix
Rien,
Sur l’écho du brouillard
La barrière d’un miroir
Murmure guerrier
Juste un cœur
Rien,
Epousant les courbes
D’une lame
Pas même fatale
Juste un pas
Minuscule,
Sur l’infini galet du monde
Caillou des mers
Supplicié par les flots
Rien qu’une vie
Tout,
Prise au calvaire d’un jeu dit
Sur l’éternité d’un vers nié…
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