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Dimanche 3 février 2008
Michel Aguilar Lostal


Le village perdu

 

Une sente rocailleuse

empreinte  millénaire de pas justes

éreintés de sueur et de labeur

une sente épineuse et silencieuse

oubliée des hommes disparus

 dans les bruissements et les turbulences

des cités  voraces

fil des temps séculaires

  les a menés

 au village désolé

  les a guidés

jusqu’aux maisons battues

par les pluies rogues et les vents bourrus

Elle leur a ouvert

 les portes déhanchées

à l’heure crépusculaire

les âmes errantes à jamais

se retrouvent

furtives pudiques sibyllines

à l’heure de la brune

le carillon voisé des cloches

les rires égrillards des enfants

les appels mâles des hommes

les chants séraphiques des femmes

caressent

muets et secrets

les pierres sèches de vie

 

 

 

 

 

Pourquoi

 

 

 

Endormi

Sur l’asphalte froid

Le pauvre hère

Ne peut plus porter

Le fardeau de sa vie

Il livre

Au passant imperméable

La ruine maudite

De la misère éreintée

 



Le village perdu
 
Une sente rocailleuse
empreinte millénaire de pas justes
éreintés de sueur et de labeur
une sente épineuse et silencieuse
oubliée des hommes disparus
 dans les bruissements et les turbulences
des cités voraces
fil des temps séculaires
 les a menés
 au village désolé
 les a guidés
jusqu’aux maisons battues
par les pluies rogues et les vents bourrus
Elle leur a ouvert
 les portes déhanchées
à l’heure crépusculaire
les âmes errantes à jamais
se retrouvent
furtives pudiques sibyllines
à l’heure de la brune
le carillon voisé des cloches
les rires égrillards des enfants
les appels mâles des hommes
les chants séraphiques des femmes
caressent
muets et secrets
les pierres sèches de vie
 
 
 
 
 
 
Pourquoi
 
 
 
Endormi
Sur l’asphalte froid
Le pauvre hère
Ne peut plus porter
Le fardeau de sa vie
Il livre
Au passant imperméable
La ruine maudite
De la misère éreintée
  




Marie-Laure Vallée


ET SANS CIEL


Juste une voix
Rien,
Sur l’écho du brouillard
La barrière d’un miroir
Murmure guerrier


Juste un cœur
Rien,
Epousant les courbes
D’une lame
Pas même fatale


Juste un pas
Minuscule,
Sur l’infini galet du monde
Caillou des mers
Supplicié par les flots


Rien qu’une vie
Tout,
Prise au calvaire d’un jeu dit
Sur l’éternité d’un vers nié…
par Trémalo publié dans : Asso Patrimoine et Culture communauté : Poésie française
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Vendredi 11 janvier 2008

Disponible contre un mail et trois euros 

petite-encyclop--die-du-finist--re.jpg

par Trémalo publié dans : Asso Patrimoine et Culture communauté : La Bretagne
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Lundi 7 janvier 2008
Nous avons l'idée de réunir des textes (proses, poèmes) autour du thème de la Ruine. Une sorte de "tribute to Rustéphan"...Nous ne savons pas encore si nous pourrons envisager une publication de cet ensemble ainsi constitué. Nous l'expérons..
Dans L'Invention de la liberté (éd. Albert Sirka, 1964) Georg Simmel écrit : "le charme de la ruine consiste dans le fait qu'elle présente une oeuvre humainie tout en produisant l'impression d'être une oeuvre de la création, de même qu'auparavant, l'art s'était servi de la nature comme de son matériau" (cité par Mohamed Ridha Bouguerra dans son étude  sur les Fonctions des "ruines écrites", Thélème, 2006;

Vous pouvez donc vous rendre tout d'abord dans la catégorie Asso Patrimoine et Culture soit ici : http://www.tremalo.com/categorie-10113836.html , y lire les articles, voir les photographies et proposer votre texte dans les commentaires (le signer de votre nom est indispensable) ou bien l'envoyer à l'adresse suivante : tremalo.kraken@gmail.com et nous le publierons sur ce site.


Thomas Vinau
Le Royaume

Les pierres mordues de mousses
L’aubépine et les ronces
Les lézards
Les nuisibles
Et deux ou trois fantômes
Qui règnent sur nos ruines 



GM Chenot 
VENT DE SUCRE

Dans les cycles de floraison
Les ruines sont terreau
Prélude à la vivifiance
De leurs futures congénères
Et de ruine en ruine
Vole le mouvement
Elaborant des arabesques de sucre
Bordées de châteaux de sable
Amers qui rappellent aux marins
L'étrange luxuriance du fugace
 



Roger Lahu

Poétique des ruines

 

ah je m’emmousse
je me lezarde
je me délite
je m’éboule
je m’enruine peu à peu
je perds et pied et dents et poils
je me décombre
je m’empoussière
je perds mémoire  et voix
je me murmure
je perds et foi et toit
je me laisse à l’abandon
je m’abandonne de ça de là pareil à la …
je perds le la le sol
je ne sais plus je ne sais pas
m’embrouille m’embrousaille
je referme par devers moi
le lourd portail de rouille
ça grince dedans
de rage morte
vieux os 

                                                                que je ne ferai pas ?



Denis Heudré
Ruine de vie

le matin est toujours froid
et vide

de sa bouche appauvrie
il n'est plus de baiser

élancements de solitude
dans cette vie en ruine douce

le vieux chat s'en moque
qui endort la sienne
enroulé dans le canapé

entre ombre et silence
en proie aux reflets
d'un miroir féroce

le soir est toujours froid
et vide


La mer en ruine
mer abandonnée au port
en guenille irisée

la lumière égratigne
tes couleurs de ruine

je vois ta main qui tangue
dans l'agonie du soir

dans le parfum souillé
des voilures de vent



par Trémalo publié dans : Asso Patrimoine et Culture communauté : Poésie française
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Dimanche 19 août 2007
Le baiser d’une ruine
 
 
 
Je suis un tas de cailloux au bout de l’allée
me lève encore sur les terres de mon pays
mon cœur est un trou béant entre deux hauts murs
mes salles nourrissent les membres d’un feuillage  ancien
 
Humble je suis et me donne au dieu Périclite
mais si tu le veux le désire ainsi
passe ta bouche aux pierres de ma voûte descellée
 
Je suis une vieille femme aux limites d’un bois
ai joué de mes tours comme tout être surpris
ai jouis de menus biens de mon puits né
des attentions de la main ferme qui m’a éventré
 
Chaque baiser m’a ôté une pierre un chou un pinacle
mais si tu le veux le désire ainsi
augmente moi d'un pavillon de chair à nue
 
Je suis Rustéphan au bout de l’allée
vieillesse vacante du rire des enfants
j’ai deux ou trois frères pour la visite
ils écoutent le récit de mon enfance vivante
 
Je fus la petite fille qui baissait encore la tête
et disait à sa mère toute en genoux :
je n’ai pas peur maman tu vois ?
 
Je suis un tas de cailloux au bord de l’allée
ne puis plus résister aux assauts de mes rares amants
ne cache plus les humeurs de mon peuple en d'autres lieux inspiré 
fut prise par cent moins deux bras
 
Las n’ai ni ruse ni pouvoir de la voix
suis la proie du roncier qui me mange à midi 
celle du bouc tempétueux qui rudoie mes flancs noirs 
 
Je me domine en deux ou trois cœurs étrangers
un poète m’est particulièrement aimable
il semble fou tel un prince florentin
qui fait ce qu’il veut de mes divisions
 
Chacune de mes pierres qu’il touche manque de tomber
chacun de mes rares pans qu’il scrute
vacille sur un battement de cils adamantins 
 
 
Je veux bien m’agenouiller pour de bon
s’il me dit de me fondre
vieillesse pleine des bontés de son temps
il chahute mon unique meneau
 
J’ai deux ou trois frères pour la nuit
pauvres pêcheurs dans le lit Melancolia
leurs palangres sous mes rares sourires de ruine
 
Je suis la jeune fille qui passe encore les plats
ma vertu veut encore être mise à l’épreuve
ne bougerai pas tant que ceux-là tant que
je ne serai pas secourue
 
Je suis un charnier de mystère que la futaie étrangle
sur la terre désolée d’Etienne
moi bien vacant et sans maître.

Je vis encore avec celle que je ne suis plus.


Benjamin Duval
par Trémalo publié dans : Asso Patrimoine et Culture communauté : La Bretagne
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Mardi 17 juillet 2007
Tout est dans le titre. A l'invitation de Gérard Berthelom, fondateur de l'association "Carré Long", nous présenterons la revue du 21 au 29 juillet 2007 salle Julia à Pont-Aven. Vous pourrez y voir notamment des photographies du site de Rustéphan. Nous étofferons cet article dans les jours qui viennent.

Citons  ici Keranforest, qui dans le Télégramme du 28 juin 1973 écrivait : "...Le mystère fait de ce château ruiné, une oeuvre d'art. Les ruines demeurent, superbes dans leur négligé, support de leurs propres légendes. Ne serait-il pas utile de veiller sur elles, pour pouvoir jouir longtemps de ce morceau de romantisme, au milieu de notre environnement bitumé ?"

Nous somme en 2007...la merveilleuse plaquette éditée par la Société Finistérienne d'Histoire et d'Archéologie nous donne à comprendre les tenants et les aboutissants de l'urgence d'oeuvrer à la préservation du bâtiment.(Maison des Associations, 29000 Quimper)

Construit en 1480 (peut-être déjà sur les ruines d'un ancien château féodal), Rustéphan est situé dans les proches environs de Pont-Aven. Rustéphan est un lieu magique pour les uns, un vulgaire tas de cailloux pour les autres.

Vous pouvez soutenir l'action en faveur de la conservation des ruines en nous contactant sur ce blog.

Quelques photos du manoir puis de l'exposition de juillet 2007.


rust--phan.jpg




IMAG0036.JPG




IMAG0030.JPG




IMAG0039.JPG

par Trémalo publié dans : Asso Patrimoine et Culture communauté : La Bretagne
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