quand le singulier est universel mais s’oppose au discours universaliste frappé de localisme (glané sur hopala.fr, sans mention d’auteur)
Si elle se définit d'abord comme une revue bretonne, elle n'en est pas moins ouverte aux autres cultures - d'où la rubrique « culture invitée » : les Alsaciens (n°4), la
Flandre (n°10), les Roms (n°14), les Kurdes ( n°16), les Basques (n°18), bientôt les Tchétchènes, plus tard la Palestine. « C'est par le local qu'on accède à l'universel »,
pouvait-on lire dans le préambule du n° 0. C'est dans le droit fil de ce postulat que le développement de la réflexion débouche sur cette autre formulation : « le principe de
singularité est universel et doit être opposé aux localismes dominateurs et destructifs qui se cachent derrière le discours universaliste » (n°10).
Un bonheur simple et vrai : 105 euros la nuit (glané sur le site d’une grande chaîne d’hôtel nationale, sans mention d’auteur)
L’hôtel est situé à proximité de sites historiques et des centres commerciaux. Evadez-vous en découvrant les Cornouailles, terre de poésie et d’émotions. Une chambre dans l’air du temps,
confortable et harmonieuse, un lit douillet, une salle de bain fonctionnelle, un bonheur simple et vrai.
les ravages de l’opium en France (glané sur remue.net, citation en grand d’un ouvrage, Garde-manche hypocrite, de Philippe Beck)
« est-ce que candeur étoilement, est-ce que « Combien » ?
Football n’écrit pas ? Trop peu de fumerie à dire. »
Une réponse au chômage des poètes (glané sur bleu.org, annonce de Bruno Bernier) ?
Industriels, chefs d’entreprise, dirigeant, cadres :
Vous êtes en manque ? Votre poète est malade ou en vacances ?
Il se sent seul et désire un compagnon ou une compagne ?
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Nous arrivons déjà.
Une polémique qui date de 2002 mais de toute actualité, autour du livre Célébration de la Poésie d’Henri Meschonnic aux éditions Verdier (glané sur le site
de l’éditeur, nous proposons ici des extraits des différentes réactions )
« Puisqu’on écrit ni pour plaire ni pour déplaire mais pour vivre et transformer la vie » (Henri Meschonnic in Tout entier visage, Arfuyen,
2005)
« Essai au titre ironique, Célébration de la poésie est une machine de guerre, un redoutable bolide conceptuel lancé à toute allure contre le « prêt à penser »
(prétendu tel en tout cas) contemporain. Revêtant l’armure du Polémiste, Henri Meschonnic entend dénoncer une absence de pensée sur la poésie, une « carence de la théorie du langage »,
lesquelles auraient pour symptôme une tendance à la « poétisation ». Qu’est-ce à dire ? L’essai brode sur l’idée que la poésie est un réel constamment manqué. Selon Meschonnic,
parler de la Poésie, manifester, de façon mondaine, l’intention de la dire, dispense en définitive de la faire. » (Thomas Regnier, le Magazine Littéraire)
de la dénaturation de la poésie par ses théoriciens
« Il y aurait en tout cela, à la source de cette « heideggerianisation du poétique » (c’est l’obsession quasi viscérale de Meschonnic) un malentendu qui remonte à Mallarmé, ce nom
commode qui continue à faire signe au contemporain. Mais Meschonnic est là pour rétablir la vérité. Sa vérité. On aurait fait de l’auteur du Coup de dés le chantre de la nomination alors
qu’il a constamment défendu la suggestion. « Et suggérer, explique le professeur, est nécessairement hors de l’opposition du signe en un fond très profond et une forme, la
" lettre ". » Par là, se trouvent récusés, évacués, comme de vulgaires et idéalistes sectateurs du « sommeil de la raison », ces adorateurs du Veau d’or poétique (le
« veau dort », souligne subtilement l’auteur…), à peu près toute la poésie actuelle. »
(Patrick Kéchichian, Le Monde)
un théoricien s’en trouve fâché
Loin de débattre à propos des notions et des interprétations proposées par tel ou tel, le sycophante relève comme un pion des formulations présentées comme faiblardes ou ridicules. Il réduit
toute proposition critique à l’état de stéréotype. Là où il est passé, inutile de continuer à chercher : le « lyrisme » est à tout jamais un cliché, le contemporain une collection
de « vieilles lunes », le signe une illusion, et la philosophie une affreuse « cannibale » dévorant la chair fraîche de la poésie. Ridicule forcé à perpétuité, telle est la
sentence prononcée par l’atrabilaire procureur sycophante, une fois dressée à coups de citations tronquées la liste impitoyable des chefs d’accusation. Au terme de ce livre qui se prétendait
joyeux, ne reste plus qu’un grand désert : de ces poètes que nous admirions ne subsistent que des figures laminées. Yves Bonnefoy, Michel Deguy, Jacques Roubaud, Christian Prigent sont des
niais, des ignorants, des imposteurs. Voilà ce que le sycophante tenait à nous apprendre. Pas un mot sur leur écriture, sur leur travail de tant d’années. La poésie c’est lui, le sycophante tout
seul, debout sur des dépouilles. » (lettre à La Quinzaine Littéraire de Jean-Michel Maulpoix)
dans les coulisses où se joue la poésie
Puisque Jean-Michel Maulpoix s’intéresse aux listes, ne serait-ce que pour les contester violemment, je me suis permis d’en dresser une autre, plus inattendue en vérité. Elle devrait, attirer
l’attention de nos lecteurs curieux de poésie. La voici. Guy Cabanel – à qui André Breton a pu écrire : «Ce langage, le vôtre, est celui pour lequel je garde à jamais le cœur de
mon oreille» –, Louis-François Delisse, Anne Marbrun, Jacques Izoard, Laurent Albarracin, Alice Massénat, Michel Valprémy, Christine Delcourt, Jean-Yves Bériou, Hervé Delabarre, Roger
Renaud, et quelques autres, avez-vous souvent – j’allais écrire jamais – entendu parler de ces poètes, ou vu tout simplement mentionner leur existence, au détour d’un article
non confidentiel portant sur la poésie contemporaine ? Ajoutons encore à ces noms ceux de Petr Kral et de Pierre Peuchmaurd qui, eux, ont parfois eu les honneurs d’une citation, ici ou là,
comme par inadvertance…
C’est pourtant grâce à la permanence quasi secrète de leurs publications que se joue, dans la coulisse, la vie même de la poésie en ces jours que certains prétendent de disette. Car il faut bien
le clamer haut et fort, la poésie a déserté le poème, et ceux qui passent aujourd’hui pour ses hérauts sont tout sauf des poètes. Des expérimentateurs (peut-être), des trafiquants de mots
trafiqués (sans doute), des « écrivains » qui font court par manque de souffle et imaginent que la forme poétique est faite pour cela (probablement), des « travailleurs » de
tant d’année (hélas !), bref des littérateurs d’un genre spécial, occupant tout l’espace de la poésie aux yeux de ceux qui n’en croient pas les leurs !
(lettre à la Quinzaine Littéraire d’Alain Joubert)
quand l’eau de feu et la vodka se sont retrouvées pour détourner l’indien et le paysan russe de leur condition de poète
Meschonnic est celui qui a le plus clairement vu que nous devons avant tout nous débarrasser de certaines problématiques imposées par le structuralisme, qui font de nous des
« sous-développés de la pensée du langage » (p. 10). En premier lieu la schizophrénie fond-forme, ou signe-sens, qui a gâté tant d’esprits. À une doctrine linguistique binaire, dont le
moins qu’on puisse dire est qu’elle manque de finesse, s’est superposé un manichéisme moralisateur des plus étranges : pour Roland Barthes, le signifiant est « à opposer au signifié
dont on a cru au début de la sémiologie qu’il était le simple corrélat, mais dont nous savons mieux aujourd’hui qu’il est l’adversaire. » (R. Barthes, Le Bruissement de la langue,
Seuil, Points-Essais, 1984, p. 95). Drôle de guerre.
(Charles Stépanoff, revue Parages)
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