Au 20 janvier 2009
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Vous avez peut-être atterri ici en cherchant :
pierre peuchmaurd, la plèbe, benjamin duval, la cuisson des haricots, remplir ce qui est vide, tite-live, alain jégou, hôtel à pont-aven, poésie à rochefort sur loire, vider ce qui est plein, roger lahu, christ vert, nain jaune, etc, etc..
Suite à cet article paru sur le blog re-pon-nou animé par CM Brizeul: link
nous est parvenu début juin une réaction de LFD, qu'il nous a autorisé à publier. La voici.
Cher Olivier Hobé,
si sa plume a de l’esbrouffe, qui est cet Antoine Bréa (?) qui s’est inspiré de sa lecture rapide des Poésies amoureuses des touaregs, mais aussi de notre entretien –pour son Journal annexé au blog de Charles Mézence Briseul re-pon-nou début mai ? Où je lui conseillais de lire aussi, chez le même éditeur Aile, elle, mes 9 recueils écrits au Niger (1954-1975).
René Char avait protesté dans Empédocle contr’un autre flic, que j’ai connu Commissaire du poste de police de St Germain des Prés, Jean Rousselot, qui écrivait des vies de Nerval et Verlaine sur « les plus malodorants » des rapports de police : « Accusé Nerval, levez-vous ! qui avez vécu de l’or que l’Autriche vous reversait comme espion. Accusé Verlaine, levez-vous ! qui avez vécu des rentes et fermages de Madame votre mère ! » ; Ici, Bréa s’est amusé à enfoncer le doigt là où j’avais dit (moi au teint si clair, aux yeux si bleus) mon jeu sur mes prénoms, non pas pour cacher des « crimes » (François donnait de ses premiers vers aux collégiennes des Sœurs) ou « de plus coupables entreprises », telles que ramener de Belgique 1 ou 2 paquets de tabac de la Sémois ; plus tard, de ces livres russes que la Belgique éditait avant la France, ainsi des alémoires écrits dans un souterrain, de Fédor Dostoïevsky ; le repris de justice, gamin fraudeur de profession, et épileptique, avait été puni pour violences (etc) –je serai plus prudent à l’avenir face à de tels inquisiteurs que Monsieur Bréa !, violences sur les douaniers venant arrêter ce jeune géant en 1945 ; le « scandale » était ce défilé dont je prenais la tête sur la grand-place, à l’heure de la sortie de la messe de midi, moi jouant de mes 3 flûtes à bec, soprano, ténor et grave, Jeanne et nos amis et ce fraudeur battant le pavé derrière ma musique (il arrivait que ce fut à minuit sur l’escalier de la mairie). Puis, c’est pour ne m’être pas présenté au Conseil de révision que je fus emmené au Service militaire entre 2 gendarmes, à Metz, pour six mois de forteresse puis Lunéville et Sarrebourg, pour y continuer à jouer de ma flûte à bec, là, le Général Zeller (petit-neveu de mon arrière-grand-mère) me conseillait de quitter la France pour le Canada ou le Sénégal : « ce ne sera pas une guerre, on ne rappellera que le contingent français » me précisa-t-il. Et je partis pour le Niger, et non pas 7 mois mais 21 ans, alphabétiser enfants et leurs parents du Kabé-Kouara à Niamey puis, en contrat local, professeur de philosophie au nouveau lycée né des indépendances (un film de Jean Rouch me montre donnant mon cours, « l’Indépendance du Niger « – octobre 1960 ?).
C’est alors que je découvris ces 2 volumes de Poésies touarègues publiées sous la direction de René Basset, à l’Université d’Alger en 1925-30, sur les textes du Père Charles de Foucauld.
Mais je ne disposais plus de photocopieuse pour ceux-ci, la phonétique du vieil ermite étant souvent hésitante (à mes yeux). Je notais 282 poésies, aidé pour les 82 premières par le jeune lycéen touareg Zakaria Ag Mouddour. Je n’ai inventé aucune de ces poésies !
Je donne au contraire son auteur à chacune et même la date proposée par le P. de F. Et, en 1997, Albin Michel publiait d’autres extraits, à contenu historique, et de forme épique, 200 chants touaregs, lus et notés dans les mêmes volumes par un professeur du CNRSM, Dominique Casajus. Sa bibliographie cite très peu d’ouvrages sur ces poésies, que les héritiers missionnaires du moine au Niger, ne souhaitaient pas faire connaître ? Casajus et moi, avons du attendre que l’œuvre de Foucauld passe dans le domaine public, soit en 1997.
Mon manuscrit, retenu par GLM, de 82 poésies amoureuses (1955-60) ne put paraître qu’en 2000, grâce à Charles Mézence Briseul et en est à sa troisième édition en 2007, 168 poésies.
Quant à mes activités au Niger, Bréa en parle comme en a parlé en 1975, le BLACT (sans blague), bureau de liaison des agents de la coopération culturelle et technique, médisant pour me refuser un poste UNICEF au Nigeria (d’enseignement des littératures africaines) que je n’avais jamais été ailleurs que chez Fidel Castro à cuba et Ho Chi Minh en Indochine. Dois-je penser que Bréa a servi (de telles gens et ceux de l’OAS plastiquaient ma case à Niamey, où livres et manuscrits brûlèrent – 1960) la DGSE dans ces temps-là, fameux pour leurs destructions de réputations et leurs vetos ?
Je suis aussi l’auteur de Kokonto Da Bicinke à Kasar Hausa, publié par le Centre des Traditions orales au Niger*… »à ma mémoire », en 1990 !
Ce livre, tapuscrit dans les années 65-75 à Zinder, était l’inventaire des 500 architectures de style haoussa traditionnel que j’avais été chargé de découvrir et d’expliquer, avec mes photos et dessins. Ce fut un baume au cœur que de le recevoir à Paris, le dédouanant sur le tarmac de Roissy ! Chose rare, ce livre portait la signature de l’Imprimerie Nationale du Niger. Belle édition Sépia.
Si Monsieur Bréa a voulu magnifier le poète LF Delisse aux dépens du traducteur, c’était ignorer que ma poésie s’est toujours mise à l’école des autres poésies, et que j’allais en Afrique justement pour en découvrir les poésies et m’en instruire. Ici, je fus comblé !
Ces touaregs cumulaient tous les talents d’Homère et Virgile, Ovide et Callimaque, Hafiz et Imroulqays…
2 juin 2008.
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