Au 1er mai 2008
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[…] Le soir du 13 mai de cette année-là, des étudiants exposaient dans la Sorbonne occupée les positions et revendications de leur groupement, les Enragés-Internationale situationniste, auquel est attribuée une influence de premier plan dans l’ambiance contestataire soixante-huitarde. Proche, à l’origine, du mouvement Socialisme ou barbarie animé par Claude Lefort et Cornelius Castoriadis, ce groupement, plus communément appelé “Mouvement du 22 mars”, dénonçait, certes haut et fort (comme les surréalistes, d’ailleurs, n’avaient eu de cesse de les dénoncer) l’aliénation de la vie quotidienne dominée par le capitalisme et “la société industrielle de consommation”(expression du philosophe marxiste Henri Lefebvre faisant encore florès). Aussi, eu égard à leur commune exécration de ce type de société en plein essor, radicalement antireligieux, les deux groupes présentaient-ils, a priori du moins, de véritables affinités. En outre, de tonalité marxiste (changer le monde)et rimbaldienne (changer la vie), les slogans et aphorismes fleurissant alors sur les murs (et que l’on persiste à prêter exclusivement à tort à l’internationale situationniste de l’époque, fondée en 1957, à l’initiative de Guy Debord qui en est la figure emblématique) ne s’inspiraient-ils pas de l’esprit même du surréalisme?
Dans ces conditions, à quelles causes attribuer l’échec de tout rapprochement, à l’époque (7), du groupe surréaliste parisien et des amis (8) de l’auteur de “la Société du spectacle”? Certes, en vue de l’exposition internationale de 1947 Breton avait appelé lui-même de ses voeux la marque d’un certain dépassement (...) cherché dans la direction d’un mythe nouveau (9). Or, si ainsi que ses amis il en avait déjà pressenti la nécessité, les lettristes radicaux (ayant pris en 1957 le nom de situationnistes), bien que partageant eux aussi ce désir de dépassement, n’en ont pas moins rejeté avec un singulier dédain le surréalisme vivant. Désireux d’en remontrer à ses représentants en lesquels ils voyaient des rivaux en matière de révolte, ils auront ainsi confondu surenchère et dépassement.
……………………………………………. à suivre dans le trémalo 4 !
(7) Annie Lebrun et Gérard Legrand rencontreront ultérieurement Guy Debord.
(8) Joseph - Gil Wolman et Raoul Vaneigem, entre autres.
(9) “Comète surréaliste” (p 159) in “La Clé des champs”. André Breton- -Jean-Jacques
Pauvert (Collection 10/18), 1967.
Sûrement que tous ceux qui s'intéressent aux enjeux de mai (68, 69, 47, 08 bref à tous les printemps) viendront nous rejoindre.
(à noter que Gil Refloc'h est à retrouver également au sein de la rubrique "insolites")
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