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Au 1er mai 2008
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Vous avez peut-être atterri ici en cherchant :
pierre peuchmaurd, benjamin duval, la cuisson des haricots, remplir ce qui est vide, tite-live, alain jégou, hôtel à pont-aven, poésie à rochefort sur loire, vider ce qui est plein, roger lahu, christ vert, nain jaune, etc, etc..
Les peintres de Pont-Aven n’ont plus de fantasmes ?
On peut travailler sur l’imaginaire à condition d’avoir de l’imagination, n’est ce pas ? Et je ne peux me résoudre à voir tant de prétendus artistes ignorer cette source en la matière qu’est Rustéphan. La rivière, l’Aven elle-même n’est pas loin du même sentiment de désaffection, d’abandon. L’imaginaire, cela pose l’art en débat, et « nos » artistes ici ne débattent plus.
Il faut le reconnaître, ils sont tout de même capables de dessiner ces sortes de maison empaillées, ces bateaux faméliques, mais derrière le motif il n’y a rien, c’est le néant. Certains singent encore l’émotion des glorieux artistes précédents, il n’est guère difficile de copier, mais faire montre d’émotion dans son art c’est autre chose, c’est trop risqué sans doute…
Pour certains, comme Cambry dont nous avons déjà parlé,
Rustéphan reste « superbe dans son négligé », c’est « un morceau de romantisme », pour d’autres c’est un tas de cailloux...Comment faire la part de l’attirance et de
l’indifférence ?
Je
dois encore revenir à cette constatation d’un
Pont-Aven lieu prédestiné à l’art, cet art dont le but, selon moi, est d’instiller le doute dans une certitude…alors de Cambry, qui bien évidemment connaissait parfaitement les lieux,
contrairement à ce qu’en ont dit ses détracteurs, on peut dire que cet homme fait écho à la démarche d’un Gauguin par exemple, il ne rend pas compte de ce qu’il voit mais de ce
qu’il ressent, je pense au Christ jaune, vert, ou au Goliath contre le démon du peintre, et je pense que si on ne comprend pas cela on ne comprend rien à l’origine de l’art…on doit
faire à ce propos la distinction avec les vues d’un Fréminville qui, plus tard, décrira un morceau d’architecture en ruines à son goût banal…Cambry s’est émerveillé, et je
pense que l’émerveillement c’est ce qui reste dans la mémoire quand celle-ci a oublié le reste…Occulter, volontairement ou non, cette capacité à la merveille me semble une
catastrophe pour l’esprit.
Que ce titre est beau, que la couverture imprimée sur sitio pearl desert light de Vérone scintille sous les piles du pont des livres, que le soldat est
brave, petit, vieux et pauvre.
"J'affirme que ceux qui
condamnent les tumultes advenus entre les nobles et la plèbe blâment ce qui fut la première cause de la préservation par Rome de sa liberté : ils accordent davantage d'importance aux rumeurs et aux
cris que causaient de tels troubles qu'aux heureux effets que ceux-ci engendraient. Ils ne considèrent pas le fait que, dans toute république, il y a deux humeurs différentes, celle du peuple
et celle des grands, et que toutes les lois favorables à la liberté procèdent de leur désunion."
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